• 23 mars 2009
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Déclaration conjointe sur l’impact de la crise sur les droits de l’Homme

L’IMPACT DE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE MONDIALE SUR LA MISE EN ŒUVRE EFFECTIVE ET UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

Un constat alarmant

Les orga­ni­sa­tions signa­tai­res pren­nent bonne note du sou­hait de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale d’abor­der la crise économique et finan­cière mon­diale sous l’angle des droits de l’homme. En effet, Monsieur le Président, si cette crise est d’ampleur pla­né­taire, ses effets tou­chent d’abord des per­son­nes humai­nes, des mil­lions de famil­les, d’hommes, de femmes et d’enfants et par­ti­cu­liè­re­ment les plus fai­bles.

Du fait de l’inter­dé­pen­dance des économies, aucun pays n’est plus épargné par une crise qui se tra­duit chez tous par des pertes d’emploi, de loge­ment, d’accès aux soins et à l’ali­men­ta­tion, à une échelle sans pré­cé­dent. Au sud comme au nord, les popu­la­tions déjà les plus vul­né­ra­bles se retrou­vent les plus dure­ment tou­chées par les effets de la crise. Chez les per­son­nes déjà pré­ca­ri­sées, la crise ne remet pas en ques­tion leur confort, elle menace leur vie.

Des risques particuliers

Monsieur le Président, la pau­pé­ri­sa­tion et la pré­ca­rité, cons­ti­tuent un ter­rain idéal pour le déve­lop­pe­ment de pra­ti­ques d’exclu­sion, la stig­ma­ti­sa­tion de per­son­nes ou de com­mu­nau­tés mino­ri­tai­res, par­ti­cu­liè­re­ment les migrants. De telles déri­ves sont déjà per­cep­ti­bles chez les indi­vi­dus mais mal­heu­reu­se­ment aussi dans les dis­po­si­tions de cer­tai­nes poli­ti­ques publi­ques en matière de migra­tion, de pro­tec­tion sociale et de santé.

Les réduc­tions bud­gé­tai­res cau­sées par la crise condui­sent nombre d’Etats à pri­vi­lé­gier des mesu­res à court terme et à se désen­ga­ger de pro­gram­mes de fonds, notam­ment dans le domaine de l’éducation et du déve­lop­pe­ment et, plus géné­ra­le­ment, des droits économique sociaux et cultu­rels, avec les consé­quen­ces que l’on sait.

Enfin, la réduc­tion du finan­ce­ments publics des pro­gram­mes de déve­lop­pe­ment, mais aussi des pro­gram­mes sociaux et huma­ni­tai­res mis en œuvre par la société civile conduit à priver les per­son­nes les plus dému­nies de sou­tient au moment où celui-ci devient de plus en plus vital.

Des mesures attendues

Monsieur le Président, le carac­tère mon­dial de la crise et son ampleur sans pré­cé­dent appel­lent une réponse immé­diate et concer­tée de la com­mu­nauté inter­na­tio­nale.

Face aux ris­ques de vio­len­ces socia­les et inter­com­mu­nau­tai­res, les Etats doi­vent pren­dre toutes les mesu­res néces­sai­res pour lutter contre le déve­lop­pe­ment des phé­no­mè­nes d’into­lé­rance, de xéno­pho­bie et de rejet à l’égard de per­son­nes appar­te­nant à des grou­pes déjà en situa­tion pré­caire, par­ti­cu­liè­re­ment les dis­cri­mi­na­tions envers les migrants et les mem­bres de mino­ri­tés. Les per­son­nes les plus pau­vres doi­vent faire l’objet d’une atten­tion toute par­ti­cu­lière de la part des auto­ri­tés.

Rappelant le carac­tère indi­vi­si­ble et inter­dé­pen­dant des droits de l’homme, nous exhor­tons les Etats mem­bres à mettre en œuvre les objec­tifs du mil­lé­naire et à se confor­mer aux enga­ge­ments pris en matière de droits économiques sociaux et cultu­rels, notam­ment lors de la Conférence de Vienne (1993) et du Sommet social de Copenhague dont la décla­ra­tion finale sti­pule que « la per­sonne humaine sera placée au centre du déve­lop­pe­ment et les économies orien­tées de façon à mieux satis­faire les besoins des popu­la­tions ».

Nous exhor­tons les Etats mem­bres et les orga­nes com­pé­tents des Nations Unies à inté­grer plei­ne­ment les droits de l’homme dans les nou­veaux méca­nis­mes économiques et finan­ciers qui naî­tront de cette crise, en fai­sant de l’Homme le cœur et la fina­lité de leurs dis­po­si­tifs.

Déclaration commune présentée par les organisations non gouvernementales suivantes, dotées du statut consultatif ECOSOC :

Association Points-Cœur
Bureau International Catholique pour l’Enfance (BICE)
Caritas Internationalis
Dominicans for Justice and Peace (Order of Preachers)
International Catholic Commission for Migrations (ICMC)
OIDEL


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