• 12 février 2010
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12 février, journée des enfants-soldats

« Il est des enfants à qui l’on confie des armes » (Charte de Points-Cœur)

Ces enfants, cer­tains disent qu’ils sont entre 250 et 300 000 à tra­vers le monde. D’autres par­lent même de 500 000. Une chose est sûre, cela fait quel­ques cen­tai­nes de mil­liers d’enfants de trop.

C’est pour­quoi, une jour­née a été consa­crée en leur hon­neur. Chaque année, le 12 février sonne comme un modeste appel à ne pas oublier ces enfants à qui l’on vole leur enfance, et même leur vie. Pourquoi le 12 février ? Parce que ce jour-là, en 2002, a été ajouté à la Convention des droits de l’enfant, un Protocole concer­nant l’impli­ca­tion d’enfants dans les conflits armés. A ce jour, seu­le­ment une dizaine d’Etats l’ont rati­fié. « C’est donc une Journée mon­diale pour rap­pe­ler et deman­der au Conseil de sécu­rité des Nations unies d’exiger des gou­ver­ne­ments et grou­pes armés de mettre fin à cette pra­ti­que. » (com­mu­ni­qué des Nations Unies).

Au-delà de réfor­mes juri­di­ques néan­moins néces­sai­res, c’est un véri­ta­ble appel à la cons­cience qui est lancé à cette occa­sion. Les mani­fes­ta­tions de sen­si­bi­li­sa­tion et d’infor­ma­tion orga­ni­sées lors de cette jour­née, rap­pel­lent au grand public que sous le terme « enfants-sol­dats », se cache une réa­lité com­plexe, affec­tant l’enfant qui en est vic­time dans toutes les par­ties de son être. En plus de leur tra­di­tion­nel rôle de chair à canon (envoyé en pre­mière ligne pour pré­ser­ver la vie des hommes vali­des), les enfants-sol­dats occu­pent un grand nombre de fonc­tions tout aussi dan­ge­reu­ses et avi­lis­san­tes : éclaireurs, détec­teurs de mines, por­teurs, et sur­tout escla­ves sexuels. Les filles-sol­dats sont par­ti­cu­liè­re­ment nom­breu­ses dans cette der­nière caté­go­rie, mais par la suite pra­ti­que­ment absen­tes des pro­gram­mes de réin­ser­tion. Le pro­gramme DDR (Désarmement-Démobilisation-Réintégration) a en effet démo­bi­lisé avec succès plus de 30 000 enfants sol­dats, mais conti­nue de souf­frir de nom­breu­ses lacu­nes, notam­ment concer­nant la prise en charge des filles.

« La place des enfants, filles ou gar­çons, est en famille, jamais au sein d’un groupe armé », nous rap­pelle Pierrette Vu Thi, Représentante de l’UNICEF en République démo­cra­ti­que du Congo. Cela sonne comme une évidence à nos yeux, pour­tant, pour de nom­breux adul­tes enrô­leurs, pour de nom­breux gou­ver­ne­ments, rien ne semble moins vrai. Alors, et c’est pres­que la moin­dre des choses, tous les 12 février, la com­mu­nauté inter­na­tio­nale et la société civile se mobi­li­sent, pour que per­sonne n’oublie ces enfants à qui l’on confie des armes.


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