• 1er mars 2011
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Colloque sur les enfants « en situtation de rue »

  • A l’initiative du BICE et de l’APG23
  • Dans le cadre du Forum Genève des ONGIC
  • Et en préparation à la journée du Conseil des Droits de l’Homme sur le droits des enfants vivant et/ou travaillant dans la rue, un colloque s’est déroulé le 10 février 2011 sur le thème :

Comment restaurer la dignité des enfants en situation de rue ?

La ren­contre fut intro­duite par Alessandra Aula du BICE, puis ouverte par S.E.Msgr Silvano Tomasi, Nonce Apostolique auprès des Nations-Unies. Notre tra­di­tion chré­tienne nous fait accor­der une place par­ti­cu­lière aux enfants. Jésus lui-même les cite en exem­ple pour entrer dans le Royaume des Cieux. Or trop sou­vent, les enfants sont vic­ti­mes de la vio­lence des adul­tes ; les situa­tions de rue sont une mani­fes­ta­tion de cette vio­lence. L’enjeu est néan­moins de tou­jours consi­dé­rer les enfants comme des per­son­nes dignes de res­pect et non pas comme des cri­mi­nels ou des popu­la­tions “à pro­blème”.

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De g. à d. : Rachel Brett, Monseigneur Silvano Tomasi, Alessandra Aula, Patrick Lessène

Rachel Brett, repré­sen­tante des Quakers auprès de l’ONU, intro­duit en disant que la dif­fi­culté majeure pour trai­ter le pro­blème des enfants en situa­tion de rue est de ne pas tomber dans la stig­ma­ti­sa­tion. L’ima­gi­na­tion col­lec­tive avec ce genre de “label” contri­bue à cette stig­ma­ti­sa­tion et les enfants ne sont plus vus que comme un pro­blème de société. Or, puis­que les droits de l’homme sont indi­vi­duels, chaque enfant en situa­tion de rue requiert en ce sens une atten­tion spé­ci­fi­que. Et le meilleur moyen pour cela, reste de deman­der aux enfants eux-mêmes plutôt qu’à des experts, éducateurs etc. com­ment ils sont arri­vés à choi­sir cette situa­tion de rue. Enfin Mme Brett ter­mina en énumérant quel­ques méca­nis­mes clés des Nations-Unies pour avoir un réel impact en tant qu’ONG sur ces ques­tions : Comité des droits de l’enfant, UPR.

Patrick Lessène, ensei­gnant cher­cheur au Centre d’ensei­gne­ment et de recher­che en action huma­ni­taire (CERAH) aborda la ques­tion en tant que juriste. Selon lui l’image que l’on se fait d’une per­sonne se retrouve sou­vent dans le droit. Ainsi dans beau­coup de pays, les enfants en situa­tion de rue sont trai­tés en droit comme des délin­quants, men­diants, dro­gués, pros­ti­tués, mais jamais comme des enfants qui sont les pre­miè­res vic­ti­mes de la situa­tion. En bref, le défi dans beau­coup de pays est de mettre fin à la “pré­somp­tion de culpa­bi­lité”, qui fait de la répres­sion sou­vent l’unique mesure envi­sa­gée. Enfin il aborda l’enjeu du décloi­son­ne­ment des droits de l’enfant et méca­nis­mes inter­na­tio­naux, qui peu pris en compte car inconnus et incom­pris dans beau­coup de pays.

Après un bref temps de ques­tions durant lequel les par­ti­ci­pants ont pu mani­fes­ter leur enthou­siasme devant la qua­lité des inter­ven­tions, la salle s’est sépa­rée en trois grou­pes. Trois thèmes ont pu ainsi être appro­fon­dis, en vue de recom­man­da­tions à adres­ser lors de la jour­née au Conseil en mars :

  • Points-Cœur a participé à un groupe sur la prévention,
  • Un autre groupe traitait de la protection,
  • Et un dernier de la réhabilitation des enfants en situation de rue.

Les participants se sont séparés enchantés de la qualité et fécondité de la rencontre, conscients de l’enjeu et de la responsabilité des ONG d’inspiration catholique pour chercher et proposer la meilleure manière de restaurer la dignité de ces enfants.


Participants Colloque De g. à d. : Alfred Fernandez, Claire de Lavernette, Alessandra Aula, (...)
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