• 15 novembre 2012
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Des principes directeurs pour l’extrême pauvreté

Une volontaire avec une amie du Point-Coeur de Bangkok

Le 27 sep­tem­bre 2012, le Conseil des Droits de l’Homme a adopté par consen­sus le projet de prin­ci­pes direc­teurs sur l’extrême pau­vreté et les Droits de l’Homme [1] pré­senté par la rap­por­teuse spé­ciale Mme Magdalena Sepulveda.

Ces prin­ci­pes sont le fruit de 10 ans de tra­vail et met­tent en avant deux éléments qui nous parais­sent essen­tiels :

  • La pauvreté extrême est en elle-même une violation des droits de l’Homme ; elle est le fruit de violations des droits de l’Homme ; et elle est cause de violations des droits de l’Homme.
  • Les pauvres doivent être eux-mêmes les premiers acteurs de la transformation leurs conditions de vie.

En effet, la thé­ma­ti­que du lien entre l’extrême pau­vreté et les droits de l’Homme illus­tre bien l’inter­connexion de tous les droits. Car si la pau­vreté extrême est reconnue par les prin­ci­pes direc­teurs comme cons­ti­tuant en elle-même une vio­la­tion de la dignité des per­son­nes (impos­si­bi­lité de mener une vie des­cente, obs­ta­cle à la par­ti­ci­pa­tion à la vie sociale, poli­ti­que et cultu­relle), elle peut également être le fruit de vio­la­tions des droits de l’Homme (quand le droit à l’éducation n’est pas res­pecté par exem­ple) et peut en engen­drer de nou­vel­les (tra­vail des enfants, pros­ti­tu­tion, exploi­ta­tion économique…). C’est pour­quoi lutter contre l’extrême pau­vreté impli­que la mise en œuvre de tous les droits.

L’un de ces droits est celui de la par­ti­ci­pa­tion à la vie poli­ti­que, sociale et cultu­relle de chacun. Les prin­ci­pes direc­teurs met­tent en effet l’accent sur la par­ti­ci­pa­tion des per­son­nes concer­nées aux poli­ti­ques de lutte contre la pau­vreté. Le docu­ment affirme :

« Les États doi­vent assu­rer la par­ti­ci­pa­tion active, libre, éclairée et cons­truc­tive des per­son­nes vivant dans la pau­vreté à toutes les étapes de la concep­tion, de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des déci­sions et des poli­ti­ques qui les concer­nent. » §38

Points-Cœur juge par­ti­cu­liè­re­ment impor­tant que les per­son­nes vivant dans la pau­vreté soient ainsi remi­ses au centre du pro­ces­sus de lutte contre la misère. En effet, il ne s’agit pas d’abord d’amé­lio­rer les sta­tis­ti­ques des Etats en matière de pau­vreté, mais de per­met­tre à chaque per­sonne pauvre de contri­buer plei­ne­ment à l’amé­lio­ra­tion de sa propre vie, d’être l’acteur de son propre destin, dans une pers­pec­tive de déve­lop­pe­ment inté­gral de la per­sonne. [2] En outre, l’effi­ca­cité des poli­ti­ques de lutte contre la pau­vreté ne peut être qu’accrue si l’avis et l’expé­rience des pre­miers concer­nés sont pris en consi­dé­ra­tion, comme le relève régu­liè­re­ment l’ONG ATD Quart monde, très enga­gée pour l’adop­tion de ces prin­ci­pes.

Désirant sou­te­nir cette opti­que par­ti­ci­pa­tive, Points-Cœur, avec l’aide de ses volon­tai­res sur le ter­rain, a rendu en décem­bre der­nier un rap­port sur le thème de « la par­ti­ci­pa­tion des per­son­nes vivant dans la pau­vreté aux déci­sions qui affec­tent leur vie ». Il s’agit d’une contri­bu­tion au tra­vail de Mme Sepulveda, qui a demandé aux Etats, aux ONGs et à la société civile de lui four­nir des infor­ma­tions.

Ce rap­port est dis­po­ni­ble ici. In French In English

Ricardo et Georgina, amis du Points-Coeur de Santa Fe - Argentine


Notes

[1] document

[2] Pour un aperçu de la doctrine sociale de l’Eglise catholique sur le développement intégral, cliquer ici.

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