• 18 juin 2013
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Extrême pauvreté - La participation active des personnes en situation d’extrême pauvreté aux décisions qui affectent leur vie discutée aux Nations Unies

4 juin 2013 aux Nations Unies

La 23ème ses­sion du Conseil des droits de l’Homme vient de s’ache­ver à Genève. Points-Cœur a eu l’occa­sion de défen­dre ses posi­tions quant à l’extrême pau­vreté au sein de l’enceinte des Nations Unies. En col­la­bo­ra­tion avec la rap­por­teuse spé­ciale aux Nations Unies sur l’extrême pau­vreté et les droits de l’homme, Magdalena Sepulveda Carmona, mais également en col­la­bo­ra­tion avec les ONG Franciscans International, ATD Quart-Monde et Global Hope Network International, Points-Cœur a orga­nisé le 4 juin der­nier, sous le par­rai­nage de sept mis­sions per­ma­nen­tes [1] une confé­rence inti­tu­lée « Rompre le cercle vicieux de l’extrême pau­vreté - Habiliter les per­son­nes en situa­tion de pau­vreté à être des acteurs effec­tifs de leur propre déve­lop­pe­ment à tra­vers la par­ti­ci­pa­tion ».

Points-Cœur, Franciscans International, ATD Quart-Monde et Global Hope Network inter­na­tio­nal ont défendu l’idée majeure selon laquelle le droit de par­ti­ci­per à la conduite des affai­res publi­ques est une des com­po­san­tes majeu­res de la lutte contre la pau­vreté, notam­ment en ce qu’il favo­rise l’inclu­sion sociale. A l’évidence, les per­son­nes en situa­tion d’extrême pau­vreté sont vic­ti­mes de stig­ma­ti­sa­tion, d’exclu­sion et d’iné­ga­li­tés engen­drant de fait un cercle vicieux : plus les iné­ga­li­tés se creu­sent moins la par­ti­ci­pa­tion est active, moins la par­ti­ci­pa­tion est active plus les iné­ga­li­tés se creu­sent. Pour nous, le cons­tat est clair : ce cercle vicieux doit être brisé.

Cet événement orga­nisé aux Nations Unies a eu pour objec­tif de faire remon­ter jusqu’au sein de cette pres­ti­gieuse enceinte la voix de nos volon­tai­res sur le ter­rain, la voix de nos amis au quo­ti­dien. Car il convient de cesser de per­ce­voir les per­son­nes vivant dans l’extrême pau­vreté comme de pas­si­ves vic­ti­mes ; elles sont les déten­tri­ces acti­ves de droits (dont celui de par­ti­ci­per). Pour les Etats, favo­ri­ser la par­ti­ci­pa­tion active des per­son­nes en situa­tion d’extrême pau­vreté n’est pas une simple option poli­ti­que, c’est une obli­ga­tion juri­di­que ins­crite dans de nom­breux ins­tru­ments de pro­tec­tion des droits de l’homme [2] basée sur les prin­ci­pes de dignité, de non dis­cri­mi­na­tion et d’égalité.

Quant au rôle des ONG sur le ter­rain, il doit être celui de faci­li­ta­teur et d’encou­ra­ge­ment d’expres­sion des voix des popu­la­tions les plus vul­né­ra­bles et non celui de porte-parole offi­ciel ou de tuteur. Cet événement a été l’occa­sion pour Points-Cœur de rap­pe­ler toute l’impor­tance accor­dée à nos amis, peut-être pau­vres, mais aux cœurs riches, peut être pau­vres mais dignes, capa­bles de déter­mi­ner de manière auto­nome les choix et les direc­tions qu’ils veu­lent donner à leurs vies.

La conclu­sion majeure res­sor­tie de cette confé­rence reste qu’à tra­vers le combat pour le res­pect de la dignité humaine, la lutte contre la dis­cri­mi­na­tion, le pro­ces­sus d’infor­ma­tion et d’éducation, le cercle vicieux peut être brisé, le goût de pren­dre part concrè­te­ment et de manière auto­nome à la conduite des affai­res publi­ques peut être ranimé.

L’inter­ven­tion du Père Raphaël pré­sen­tant l’exem­ple de la Fazenda do Natal peut être vue ici :

Le compte rendu écrit de la confé­rence peut-être lu ici :

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Notes

[1] Missions permanentes de la Belgique, du Chili, de Djibouti, de la France, du Maroc, du Pérou, et de l’Uruguay

[2] voir notamment, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (articles 21 et 27), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 25), le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (articles 13.1 et 15.1

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