• 28 janvier 2013
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« Heureux les artisans de paix ! »

Les situa­tions de menace de la paix sont innom­bra­bles, remar­que Benoît XVI dans son mes­sage à l’occa­sion de la jour­née mon­diale de la Paix. Du ter­ro­risme aux excès du capi­ta­lisme finan­cier, les sujets d’inquié­tude ne man­quent pas. Mais les nom­breu­ses ini­tia­ti­ves pour la paix en témoi­gnent : l’homme est fait pour la paix.

Le 1er jan­vier a été ins­tauré jour­née mon­diale de la Paix par Paul VI en 1968. A cette occa­sion, chaque année le pape nous livre un mes­sage et nous invite à prier.« Heureux les arti­sans de paix » est le thème chois par Benoît XVI pour 2013.

Dictature du rela­ti­visme

La paix n’est pas déconnec­tée de nos vies. Nos choix per­son­nels et nos choix de société la font et la défont ; car recher­cher la paix, c’est recher­cher le bien commun. La paix, en effet, « est un vivre-ensem­ble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l’amour et sur la jus­tice », dit le pape. Qui nie la capa­cité de l’homme à connaî­tre le vrai et le bien sape les bases de la paix. C’est pour­quoi « le déman­tè­le­ment de la dic­ta­ture du rela­ti­visme (…) est une condi­tion néces­saire de la paix », affirme le pape.

Amour de la vie humaine

L’arti­san de paix aime et pro­meut la vie humaine. Ainsi la libé­ra­li­sa­tion de l’avor­te­ment est une « recher­che d’une paix illu­soire » : car le refus de la res­pon­sa­bi­lité, qui fait pour­tant la dignité humaine, et le meur­tre de l’inno­cent sans défense « ne pour­ront jamais pro­duire ni bon­heur ni paix. » C’est pour­quoi la codi­fi­ca­tion de « nou­veaux droits » « fondés sur une vision réduc­trice et rela­ti­viste de l’être humain et sur l’uti­li­sa­tion habile d’expres­sions ambi­guës » est non seu­le­ment une offense faite à la vie et à la vérité, mais également « une grave bles­sure infli­gée à la jus­tice et à la paix. »

Droit au tra­vail

Une autre menace à la paix est l’idéo­lo­gie du « libé­ra­lisme radi­cal », qui vou­drait que le rôle social de l’Etat dimi­nue tou­jours plus. Le tra­vail, partie inté­grante de la dignité humaine, y est vu comme un élément subor­donné à la liberté des mar­chés ; ainsi le droit au tra­vail est-il très menacé. « Je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logi­que économique, sociale et poli­ti­que, exi­gent que l’on conti­nue à « se donner comme objec­tif prio­ri­taire l’accès au tra­vail ou son main­tien, pour tous », dit le pape en se citant lui-même dans Caritas in Veritate. Benoît XVI invite aussi les arti­sans de paix à se mettre au ser­vice de la réso­lu­tion de la crise ali­men­taire qui, rap­pelle-t-il, est bien plus grave que la crise finan­cière.

Education à la paix

Nous avons besoin d’être éduqués à la paix, et c’est pour le pape le rôle de la famille, où l’on apprend l’amour et l’entraide réci­pro­que. Quant aux ins­ti­tu­tions sco­lai­res et uni­ver­si­tai­res, elles ont pour tâche de former des nou­vel­les géné­ra­tions de lea­ders : d’où l’impor­tance que leur réflexion scien­ti­fi­que enra­cine « les acti­vi­tés économiques et finan­ciè­res dans un solide fon­de­ment anthro­po­lo­gi­que et éthique. »

Annoncer le Prince de la paix

Finalement, un dia­lo­gue cons­tant avec Dieu est néces­saire pour la paix, pour « vain­cre ce germe d’affai­blis­se­ment et de néga­tion de la paix qu’est le péché en toutes ses formes : égoïsme et vio­lence, avi­dité et volonté de puis­sance et de domi­na­tion, into­lé­rance, haine et struc­tu­res injus­tes. » C’est pour­quoi il y a « l’urgence d’une nou­velle annonce de Jésus-Christ, pre­mier et prin­ci­pal fac­teur de déve­lop­pe­ment inté­gral des peu­ples et aussi de la paix. »


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