• 10 décembre 2009
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Intervention de Clément Imbert, lors de la formation « Dignité et droits de l’Homme »

La dignité des oubliés : 20 ans d’expérience au milieu des plus pauvres
Présentation personnelle

Je m’appelle Clément Imbert, suis sémi­na­riste d’une petite fra­ter­nité appel­lée Molokaï, du nom de l’île où étaient envoyés les lépreux de l’archi­pel Hawaï sur laquelle est parti vivre un cer­tain père Damien de Veuster, récem­ment cano­nisé par Benoît XVI. Il aimait tel­le­ment les per­son­nes dont il s’occu­pait qu’avant même d’attra­per la mala­die, il signait ses cour­riers d’un " nous autres lépreux ". J’aime beau­coup ce « nous », il me semble d’ailleurs que soli­da­rité et dignité sont des notions inti­me­ment liées. Voici donc le modèle que nous nous sommes donnés pour cette fra­ter­nité sacer­do­tale au ser­vice de Points Cœur, œuvre de com­pas­sion et de conso­la­tion pour les per­son­nes qui souf­frent. Dans 19 pays, des petits foyers implan­tés au cœur du quar­tier, offrent une pré­sence conti­nue de sou­tien, d’atten­tion, d’amitié, pour les plus néces­si­teux.

Après une mis­sion dans un bidon­ville en Equateur, j’ai com­mencé mes études de phi­lo­so­phie tout en pour­sui­vant la mis­sion de Points Cœur dans une cité de la ban­lieue pari­sienne. Puis après une nou­velle expé­rience d’un an dans un quar­tier défa­vo­risé de Naples je suis parti à Toulon finir mon cycle de théo­lo­gie. Avec le sou­tien de sta­giai­res qui se suc­cè­dent, et d’une petite com­mu­nauté à Genève, je coor­donne les dif­fé­rents tra­vaux auprès des Nations Unies. Puisque c’est ce qui m’a été demandé, je vais essayer de vous témoi­gner en toute sim­pli­cité de l’expé­rience que nous fai­sons de la dignité des per­son­nes que nous ser­vons. La meilleure manière que j’ai trou­vée est de citer des volon­tai­res durant leur mis­sion tout en décri­vant le contexte de celle-ci. Trois par­ties :

La dignité humaine, raison d’être de Points Cœur

Quand nous dis­cu­tons avec d’autres ONG ici à Genève, il n’est pas rare que nous soyons asso­ciés au mot même de dignité, ce qui n’est pas sans nous flat­ter. Il est vrai que le 1er évènement majeur par lequel nous avons choisi d’inau­gu­rer notre tra­vail aux Nations Unies est la pré­sen­ta­tion d’une expo­si­tion pho­to­gra­phi­que inti­tu­lée « Pauvres et dignes » qui pré­sen­tait en images l’expé­rience vieille de 20 ans de notre asso­cia­tion au ser­vice de la dignité. Un fait sur­pre­nant : cette notion semble être entré par­ti­cu­liè­re­ment de Points Cœur depuis que nous avons com­mencé à tra­vailler à l’ONU. Comme si ce nou­veau défi nous avait aidé à mettre au clair ce qui cons­ti­tue par excel­lence la mis­sion de Points Cœur. Nous pour­rions dire que cette notion de dignité en est la carac­té­ris­ti­que majeure, l’unique préoc­cu­pa­tion de tous les volon­tai­res.

2ème remar­que pré­li­mi­naire : la dignité ne fait pas partie inté­grante de l’expé­rience de Points Cœur seu­le­ment comme un pro­gramme de tra­vail, un cahier des char­ges. La notion même se prête dif­fi­ci­le­ment à une évaluation quan­ti­ta­tive : comme s’il s’agis­sait de faire passer les per­son­nes que nous ser­vons de 30 à 60% de dignité. Il y a quel­ques mois, nous pré­sen­tions dans le cadre du Meeting de Rimini (orga­nisé au sein du mou­ve­ment Communion et libé­ra­tion) une expo­si­tion pho­to­gra­phi­que inti­tu­lée « De Boue et d’or ». Elle visait à mani­fes­ter à tra­vers quel­ques cli­chés de 5 de nos mis­sions (USA, Italie, Brésil, Inde, Pérou) cette ambi­va­lence des réa­li­tés que nous ren­controns. Notre mis­sion res­sem­ble à celle du pros­pec­teur, du cher­cheur d’or, capa­ble d’aller mettre les mains dans la boue, pour y décou­vrir la pépite d’or.

Et ce tra­vail n’est pas n’est pas sans consé­quence sur celui qui l’effec­tue, les volon­tai­res, la pépite éblouit celui qui la tient entre ses mains. Ecoutons la décou­verte de Juliette au cours de sa mis­sion en Roumanie 2005-2007 : Je décou­vre ici que je ne suis pas la somme de mes défauts ni même celle de mes qua­li­tés mais, comme tout homme, « la somme de l’amour de Dieu pour moi » (Jean-Paul II), un être voulu et aimé infi­ni­ment et par-dessus tout, et que c’est cela, avant tout, qui me rend aima­ble.

Les volon­tai­res témoi­gnent sou­vent de l’expé­rience qu’ils font eux-mêmes de l’infi­nie valeur de leur vie. Aux yeux de Dieu et aux yeux des per­son­nes qu’ils ren­contrent car ces der­niers les regar­dent de façon abso­lu­ment gra­tuite, désin­té­res­sée. Pas de ques­tion comme : « quel diplôme as-tu ? com­bien gagnes-tu ? que peux-tu m’appor­ter ? ». Ainsi c’est en tra­vaillant à révé­ler la dignité de pau­vres, des mar­gi­naux, des souf­frants, qu’ils pren­nent eux-mêmes mieux cons­cience de leur propre dignité. La dignité n’est plus un simple concept que l’on mani­pule, un argu­ment poli­ti­que ou un droit que l’on bran­dit, elle devient un fait, un évènement qui nous réunit : c’est peut-être la spé­ci­fi­cité de Points Cœur que d’en être les témoins et de faire de ce témoi­gnage sa mis­sion.

Il y a bien sûr beau­coup à « faire » dans nos quar­tiers, mais l’Esprit Saint a sus­cité Points Cœur pour rap­pe­ler la valeur de l’être et de la rela­tion. Nous sommes au cœur même de la per­sonne humaine, crée à l’image du Dieu un et Trine qui n’est que rela­tion. C’est ainsi que nous com­pre­nons le besoin de rela­tion de tout homme, à com­men­cer par le nôtre.

Le besoin de rela­tion

Benoît XVI dans sa der­nière ency­cli­que exhor­tait à appro­fon­dir la caté­go­rie de la rela­tion. Il l’esti­mait néces­saire « pour com­pren­dre de façon éclairée la dignité trans­cen­dante de l’homme ». Je visi­tais un jour une famille de notre quar­tier de l’Isla Trinitaria à Guayaquil (Equateur) Il est très cou­rant dans ce pays de se donner des sur­noms, plus ou moins ten­dres … ; celui du plus petit était « gordo », le gros. Mais lors­que je deman­dais quel était son véri­ta­ble nom, per­sonne ne fut capa­ble de me répon­dre. Terrifié de cette décou­verte, je perçus cepen­dant que ma demande avait mis en lumière un fait ter­ri­ble : celle de l’absence de rela­tion. Personne ne s’était jamais inté­ressé à eux et à cet enfant gra­tui­te­ment, « pour rien », par amitié ; per­sonne aupa­ra­vant n’avait demandé son nom. En pre­nant cons­cience que l’enfant n’avait pas de nom, qu’il était une per­sonne, ils décou­vraient le poids de l’absence.

Ils sont innom­bra­bles les témoi­gna­ges simi­lai­res, mani­fes­tant qu’en dehors d’une rela­tion authen­ti­que­ment humaine, la dignité semble comme enfouie. Voici un témoi­gnage de Vincent au Chili : Caselli cumule plus de vingt-cinq ans dans les pri­sons de Santiago et de Valparaiso. Un jour de visite d’une femme de la pas­to­rale car­cé­rale, il s’est appro­ché dans le seul but de lui voler son por­te­feuille qui appa­rais­sait de son sac à main ouvert. Il s’assit à côté d’elle, se grat­tait la jambe dis­crè­te­ment quand elle s’en rendit compte et lui, pour se sauver, la mit en garde en lui recom­man­dant de fermer le sac. Contre toute attente, celle-ci le remer­cia et lui tendit le sac pour qu’il le garde. Jamais il avait été aussi facile de voler quelqu’un mais déjà il ne le pou­vait plus. Il était trop tard, on lui avait fait confiance, on ne le consi­dé­rait plus comme « Caselli el malo », on lui avait jeté à la figure qu’il était digne de confiance. Ce petit geste insi­gni­fiant a changé sa vie, aujourd’hui, s’il est tou­jours incar­céré, il tra­vaille dans la prison et une grande confiance lui est accor­dée. À sa sortie de prison, Caselli a le projet de ne reve­nir que pour visi­ter à son tour comme membre de la pas­to­rale car­cé­rale et deve­nir à son tour un petit témoin de la grande misé­ri­corde.

Les volon­tai­res Points Cœur consa­crent une bonne partie de leurs jour­nées à rendre visite à leurs voi­sins, aux per­son­nes du quar­tier, à ceux qu’ils savent plus en détresse ou mar­gi­na­li­sés. Par le temps qu’ils pas­sent avec eux, qu’ils « per­dent » pour eux selon les cri­tè­res comp­ta­bles, ils remet­tent à jour cette pépite enfouie sous trop de boue. Un prêtre argen­tin, implanté de très longue date dans un quar­tier où Points Cœur est venu tra­vailler, résu­mait par cette for­mule lapi­daire : "Beaucoup ne savaient pas ce qu’était leur dignité jusqu’à ce que tu les aimes."

Je me sou­viens de Lisa Maria en mis­sion dans le quar­tier de ce prêtre en 2002-2003, me racontant l’his­toire d’une jeune femme peu sou­cieuse de ses enfants qui confiait quel­ques mois après avoir ren­contré Points Cœur : "c’est en vous regar­dant que j’ai appris à être maman et à aimer ma fille".

Anaïs a passé 14 mois dans un quar­tier mar­gi­nal de BA en Argentine : "Et c’est sur­tout en m’arrê­tant chaque jour auprès d’Adrian pour le saluer, c’est en embras­sant Emiliano de tout mon cœur, c’est en écoutant Thomas, pas­sant outre l’odeur et la saleté qui le carac­té­ri­sent, que je serais appe­lée amie. C’est en par­ta­geant ces moments si sim­ples d’amitié, en mon­trant qu’ils ont chacun du prix à mes yeux, qu’ils pour­ront alors retrou­ver leur dignité d’hommes, perdue par les juge­ments et les regards de mépris. Et en m’offrant tout ce qu’ils ont, ils me ren­dent chaque jour un peu plus digne d’être leur amie."

Le cher­cheur d’or res­sem­ble par­fois à un artiste : dans des lieux sou­vent bien sinis­trés par la saleté, la vio­lence, la misère, l’artiste saura per­ce­voir la fleur qui pousse sur le fumier. A Manille, notre maison est implan­tée dans un quar­tier où les condi­tions de vie sont par­ti­cu­liè­re­ment rudes. Anne-Sophie partie 18 mois en 2007-2008 témoi­gne :

"C’est à Vitas que je décou­vre le plus que cette beauté que cher­che l’homme n’a pas besoin de quel­que chose d’exté­rieur pour exis­ter car elle est dans l’homme même. Ces gens n’ont pas la pos­si­bi­lité et la chance d’embel­lir leur corps, mais ils ont le cœur si grand ouvert, si accueillant qu’ils font jaillir d’eux-mêmes cette beauté qui n’existe pas là où ils habi­tent. Chaque fois, c’est dif­fi­cile pour moi d’aller dans cet endroit, de regar­der en face une telle misère, des gens vivant dans ces condi­tions. En eux, cepen­dant, je n’ai vu aucune révolte, aucune colère. Ils accep­tent sim­ple­ment cette réa­lité, ils sont même capa­bles d’en rire d’un large sou­rire qui les illu­mine. Leur témoi­gnage me touche beau­coup et me ques­tionne, et c’est une joie de décou­vrir cette pro­fonde beauté de l’homme, cette dignité en eux"

Il est étonnant, pres­que cho­quant, de parler ici de joie. Sans sys­té­ma­ti­ser, c’est pour­tant le cons­tat mys­té­rieux fait par tant de volon­tai­res dans la courte his­toire de Points Cœur, qu’il règne dans beau­coup de ces lieux décla­rés « indi­gnes », une grande joie. Et cette joie est le fruit de toute rela­tion authen­ti­que, de tout cœur à cœur. La Fazenda do Natal est un vil­lage cons­truit par Points Cœur à l’exté­rieur de Salvador da Bahia (Brésil) pour accueillir des per­son­nes par­ti­cu­liè­re­ment bles­sées par la vie et leur per­met­tre de se recons­truire. Le prin­cipe est simple : la seule règle est l’amitié qui redonne vie, joie, struc­ture, enthou­siasme, qui permet l’authen­ti­que déve­lop­pe­ment de cette dignité. Voici un petit témoi­gnage :

L’his­toire de Diego est très liée à la Fazenda puisqu’il vit ici depuis pres­que dix ans. À l’époque, un couple de Français, qui était en mis­sion, est tombé sous le charme de Diego lors d’un apos­to­lat. Diego sub­sis­tait dans un orphe­li­nat où il était traité comme un animal et n’avait de contacts avec les per­son­nes qu’au moment des repas. Lorsqu’il a été accueilli ici, il s’est peu à peu épanoui au contact des volon­tai­res qui ont sim­ple­ment pris du temps pour « être » avec lui, pris le temps de l’aimer. C’est à nous de pren­dre le relais. Jusqu’ici, tout se passe bien avec lui et il nous apporte une joie bien supé­rieure à la fati­gue qu’il engen­dre. Diego est la preuve vivante de la pri­mauté de l’être sur l’agir. Par sa simple pré­sence même, il fait beau­coup plus pour ceux qui le croi­sent que cer­tai­nes vies rem­plies d’acti­vi­tés mais fina­le­ment bien vides d’huma­nité. Bref, quand je m’occupe de Diego, je me dis que cela valait bien le coup de faire tout cela rien que pour lui. Lorsque je le couche le soir, après une bonne jour­née de tra­vail, me revien­nent par­fois ces paro­les de l’Évangile : « Ce que vous faites à l’un de ces petits, c’est à moi que vous le faites » et cela me donne une joie… sur­na­tu­relle.

Dignité, suite et fin

Notre mis­sion nous tourne de façon « pré­fé­ren­tielle » auprès des plus « inu­ti­les » aux yeux de la société, mar­gi­na­li­sés pour toutes les rai­sons que nous connais­sons. Sans cette cons­cience aigüe de leur dignité, sans ce regard qui accepte d’aller plus en pro­fon­deur que la sur­face, qu’elle s’appelle inté­rêt, effi­ca­cité, esthé­ti­que, beau­coup de per­son­nes ris­quent de passer entre les mailles des grands pro­jets de société, aussi justes et « huma­nis­tes » soient-ils. Alexandre nous raconte une de ses visi­tes à un homme devenu han­di­capé suite à un ter­ri­ble acci­dent de camion, dans un quar­tier pauvre de Madras en Inde : « Karna Murti nous confesse : Je suis inu­tile pour la société, pros­tré sur mon lit, seul, atten­dant la mort. Une vieille télé en noir et blanc cra­chant des sons diffus, ma pauvre mère com­plè­te­ment abat­tue... Voilà les seuls com­pa­gnons qu’ils me res­tent et avec qui je n’ai pas le cou­rage de conver­ser en vérité. Attendre, atten­dre, atten­dre le moment pro­pice et mourir, se donner la mort. Je suis au fond d’un gouf­fre infer­nal... Je suf­fo­que... absur­dité de la vie... » Quelques larmes rou­lent sur les joues de notre ami Karna Murti. Un long silence entre­coupe son récit. Je n’ose le pres­ser de pour­sui­vre, pré­fé­rant m’aban­don­ner dans cette marée d’émotions, rejoi­gnant notre ami dans son Histoire. Karna est ailleurs, perdu dans ses sou­ve­nirs. Le silence pèse... puis il reprend : « ...C’est alors qu’un mardi après le déjeu­ner, un homme que je connais et qui tra­vaille près de chez moi à répa­rer des camions, se pré­sente à ma porte accom­pa­gné de deux Blancs. Étonnement... rapide pré­sen­ta­tion. Nous sommes de Points-Cœur m’expli­quent-ils. Et la dis­cus­sion de s’enga­ger ! Cela fait à ce jour, huit ans que, chaque mardi après-midi après le déjeu­ner, les bro­thers de Points-Cœur vien­nent me rendre visite. Avec eux, j’ai décou­vert que ma vie était impor­tante. J’ai décou­vert ce que signi­fie le mot « Amitié », cette rela­tion de dépen­dance dans la gra­tuité. Bien qu’inu­tile pour la société, ma vie avait de l’impor­tance pour eux et eux étaient deve­nus impor­tants pour moi. Le sens jaillis­sait à nou­veau. Ma vie rede­ve­nait un lieu où je pou­vais m’épanouir et sou­rire... »

Il est cer­tain que ce cher Karna Murti aurait besoin de beau­coup d’autres choses, peut-être d’un plus grand confort maté­riel, d’un accès à l’emploi compte tenu de son han­di­cap, d’une petite chaise moto­ri­sée et de trot­toirs incli­nés pour cir­cu­ler. Mais il est pour moi déconcer­tant de ren­contrer en France ou en Suisse des per­son­nes dis­po­sant de tous ces avan­ta­ges maté­riels et qui sont pour­tant écrasés par l’absence de sens. Dans tous les lieux où Points Cœur est en mis­sion, mais aussi dans tous les lieux où les anciens volon­tai­res vivent, repren­nent une acti­vité nor­male, le cons­tat est le même : sans rela­tion authen­ti­que, pas de réel res­pect de la dignité et des droits de l’homme.

Quand Points Cœur a obtenu en 2005 son statut de consul­tant auprès des NU, des ques­tions pla­naient sur la manière de par­ta­ger notre expé­rience de ter­rain. Le temps pas­sant, une convic­tion nous appa­raît avec de plus en plus d’évidence : sans une préoc­cu­pa­tion cons­tante pour la dignité pro­fonde de chaque per­sonne, le tra­vail pour les droits de l’homme man­quera son but. Ou pire, il devien­dra inhu­main (il suffit de voir les conclu­sions du FNUAP ou d’autres orga­nis­mes qui pré­co­ni­sent l’élimination des plus fai­bles). « La sol­li­ci­tude ne peut jamais être une atti­tude abs­traite » dit Benoît XVI. Il me semble que notre mis­sion ici est prin­ci­pa­le­ment celle-là : rap­pe­ler l’impor­tance de la rela­tion, du cœur à cœur, de l’amitié gra­tuite ; en vivre aussi ici à Genève, au palais. Afin de ne pas pro­po­ser à tous ceux qui souf­frent, de faus­ses solu­tions, des faux modè­les, une vision du monde antié­van­gé­li­que.

A une époque où l’ONU est vive­ment cri­ti­quée pour son coût, son manque d’effi­ca­cité, mais aussi ses prises de posi­tions par­fois très idéo­lo­gi­ques et « indi­gnes » de la per­sonne humaine, il nous semble plus que jamais néces­saire de retrou­ver la valeur de l’expé­rience, de la ren­contre, de la rela­tion. C’est il me semble le plus grand ser­vice que l’Eglise, cette « experte en huma­nité » si bien repré­sen­tée ici, peut rendre à notre temps. C’est notre res­pon­sa­bi­lité.


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