• 18 mars 2010
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Bilan sur l’éducation aux droits de l’Homme (mars 2010)

Mars 2010

Petit point sur l’actua­lité du sujet, et les acti­vi­tés de Points-Coeur au sein du wor­king group "Human rights edu­ca­tion".

Qu’est-ce-que le working group "human rights education" ?

C’est un groupe d’ONG toutes dotées d’un statut consul­ta­tif auprès de l’ECOSOC, et donc impli­quées dans le sys­tème inter­na­tio­nal de défense des droits de l’Homme. Venant d’hori­zons divers, de cultu­res dif­fé­ren­tes, elles sont néan­moins toutes ras­sem­blées autour d’un idéal commun : la pro­mo­tion d’une éducation aux droits de l’Homme à tous les niveaux de la société.

Quels sont ses objectifs ?

Il est simple : qu’une éthique « droits de l’Homme », qu’une éducation concrète expli­ci­te­ment cen­trée sur la ques­tion soit sys­té­ma­ti­que­ment insé­rée à tous les niveaux de for­ma­tion de la société : école, uni­ver­si­tés mais également for­ma­tion à tous les métiers au ser­vice du public (santé, armée…).

L’éducation aux droits de l’Homme peut être gros­siè­re­ment divi­sée en deux par­ties : une partie éthique et une partie pra­ti­que. La partie pra­ti­que est essen­tiel­le­ment orien­tée vers une meilleure connais­sance du sys­tème inter­na­tio­nal de défense des droits de l’Homme : décou­verte des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­na­les, des orga­nes de l’ONU, des lois et pro­tec­tions exis­tan­tes…La partie éthique, corol­laire de la seconde, insiste sur la pro­mo­tion des idéaux et valeurs défen­dus par tout cet arse­nal juri­dico-poli­ti­que : paix, res­pect de la diver­sité et dia­lo­gue.

L’idée est que chaque indi­vidu puisse attein­dre un socle mini­mum commun de connais­san­ces de ses pro­pres droits et liber­tés, pour que chacun soit capa­ble de les pro­té­ger et défen­dre par soi-même, par­ta­geant avec tous, les mêmes stan­dards de res­pect et de savoirs.

Ses moyens d’action

Pour sen­si­bi­li­ser orga­nes de l’ONU et gou­ver­ne­ments sur la ques­tion, ce groupe de tra­vail a recours aux tra­di­tion­nels outils à la dis­po­si­tion de tous les grou­pes de tra­vail des Nations Unies : déli­vran­ces de sta­te­ments (décla­ra­tions écrites ou orales) lors des diver­ses ses­sions, orga­ni­sa­tion de tables rondes au sein des Nations Unies, lors des­quel­les sont invi­tés des ONG, mais aussi des mem­bres des gou­ver­ne­ments et du per­son­nel des Nations Unies. Il se réunit plu­sieurs fois par an pour coor­don­ner l’action des diver­ses ONG mem­bres sur ce point.

Ses projets

Faire de l’éducation aux droits de l’Homme une prio­rité pour les Nations Unies.

Faire de l’éducation aux droits de l’Homme un devoir pour les Etats par­ties, au même titre que d’autres droits « tra­di­tion­nels » (droit à l’éducation, au loge­ment…).

Faire en sorte que le Programme mon­dial dans le domaine de l’éducation aux droits de l’Homme (WPHRE), ne s’éloigne ni des valeurs fon­da­men­ta­les des Nations Unies ni de la réa­lité du (plutôt des) ter­rain(s), et des besoins et aspi­ra­tions réels des per­son­nes. Il faut donc qu’il soit tenu informé de ces réa­li­tés par des per­son­nes, orga­ni­sa­tions, tra­vaillant en contact avec elles. Il faut que ces per­son­nes et orga­ni­sa­tions soient aussi nom­breu­ses que pos­si­ble pour tenir compte de la diver­sité des expé­rien­ces et des besoins en la matière. C’est pour cela que le wor­king group ras­sem­ble autant d’ONG dif­fé­ren­tes, et tente de toutes les pous­ser à appor­ter leur contri­bu­tion, quels que soient leurs com­pé­ten­ces et champs d’action.

Qu’est-ce que le WPHRE ?

Le thème pre­nant de l’ampleur sur la scène inter­na­tio­nale, et les reven­di­ca­tions se fai­sant de plus en pres­san­tes, les Nations Unies ont jugé utile de se doter d’un Programme mon­dial dans le domaine de l’éducation aux droits de l’Homme (WPHRE). Edicté en 2004 par l’Assemblée Générale (réso­lu­tion 59/113), le WPHRE est une sorte de guide censé enca­drer l’action de l’ONU et de ses Etats mem­bres en faveur d’une ins­crip­tion défi­ni­tive de l’éducation aux droits de l’Homme dans leurs sys­tè­mes natio­naux. Il énumère ainsi diver­ses mesu­res à pren­dre, mais sur­tout déli­mite diver­ses étapes, les « phases », dans ce pro­ces­sus, pour que les choses se fas­sent pro­gres­si­ve­ment.

La pre­mière phase du WPHRE cou­vrait la période 2005-2009, et se concen­trait sur l’inté­gra­tion de l’éducation aux droits de l’Homme dans les sys­tè­mes d’éducation pri­maire et secondaire.

A quel stade en sommes-nous actuellement ?

Nous venons d’entrer dans la deuxième phase du WPHRE qui s’est ouverte le 1er jan­vier 2010 et s’achè­vera en 2014. L’objec­tif de cette deuxième phase est beau­coup ambi­tieux que celui de la pre­mière phase (qui, pour rappel, se concen­trait exclu­si­ve­ment sur les sys­tè­mes d’éducation pri­maire et secondaire). Désormais il s’agit d’inté­grer une for­ma­tion aux droits humains au niveau des études supé­rieu­res, mais également à des­ti­na­tion des ensei­gnants et éducateurs, des fonc­tion­nai­res, des repré­sen­tants de la loi, et du per­son­nel mili­taire, et ce à tous les niveaux. Ainsi, nous sommes actuel­le­ment dans une sorte de période de tran­si­tion, puis­que la pre­mière phase vient à peine de s’ache­ver.

L’ONU doit donc en dres­ser un pre­mier bilan, via diver­ses ini­tia­ti­ves, tel un ques­tion­naire envoyé à tous les gou­ver­ne­ments. Il s’adresse à leurs minis­tè­res de l’éducation (ou équivalents), mais aussi à tous les autres acteurs concer­nés (société civile…), leur deman­dant de dres­ser une évaluation des actions menées, et des mesu­res entre­pri­ses pour inté­grer l’éducation aux droits de l’Homme dans les écoles pri­mai­res et secondai­res. Il est également pos­si­ble de retrou­ver cer­tai­nes bonnes pra­ti­ques des Etats expo­sées sur le site de l’ONU, ou regrou­pées dans des ouvra­ges comme le « Compendium des bonnes pra­ti­ques ».

En vue de ce pas­sage à la deuxième phase, le Comiité consul­ta­tif des droits de l’Homme a pré­paré en jan­vier un projet de Déclaration à sou­met­tre au Conseil des droits de l’Homme en mars ( « UN draft decla­ra­tion on human rights »). Déclaration divi­sée comme suit :

  • « I. Definition and principles » : définit les notions clés et les objectifs de l’éducation aux droits de l’Homme
  • « II. Implementation measures at the country level » : détaille les obligations des Etats en la matière (ex : obligation de rendre accessible HREL même aux groupes vulnérables ; obligation de fournir moyens financiers nécessaires …)
  • « III. Implementation measures at the international level » : adresse des recommandations aux Nations Unies pour que la mise en œuvre de la seconde phase soit vraiment effective (ex : que les organisations internationales et régionales forment elles aussi leur personnel militaire et civil ; que la question de l’éducation aux droits de l’Homme devienne un des points étudiés lors des UPR des pays…)

Le wor­king group a pré­paré ses com­men­tai­res à cette « UN draft decla­ra­tion » dans un sta­te­ment qu’il déli­vrera lui aussi au Conseil des droits de l’Homme.

Présentation de ce sta­te­ment : il reprend le plan de la Déclaration et y intè­gre les éléments qui lui sem­blent man­quants.

Points-Coeur est inter­venu au niveau de la partie II, pour faire de l’inter­cultu­ra­lité et du res­pect de la diver­sité un prin­cipe clé pour ceux qui tra­vaillent sur l’éducation aux droits de l’Homme ; et dans la partie III, pour encou­ra­ger la créa­tion et l’action des struc­tu­res de proxi­mité.


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