• 8 juin 2010
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Points-Cœur au colloque sur les droits culturels de l’enfant : l’exemple d’une bonne pratique

N. Fassano (à droite), Fribourg, 30 avril 2010

Un des ate­lier du col­lo­que « L’Enfant témoin et Sujet » qui a eu lieu le 29 avril 2010 à Fribourg, a été inti­tulé "L’Enfant sujet de droits cultu­rels en situa­tion de pau­vreté". Natalia Fassano, membre per­ma­nente à Points-Cœur y a témoi­gné de son expé­rience à la Fazenda do Natal, un vil­lage d’accueil Points-Cœur, situé en pleine cam­pa­gne, à 40 km au nord de Salvador de Bahia, au Brésil.

Le public a ainsi pu décou­vrir ce lieu excep­tion­nel à tra­vers son his­toire, son rôle et son âme hors du commun, « Fazenda do Natal » se tra­duit par "Ferme de Noël. Elle est née il y a dix-huit ans, comme un déploie­ment de l’expé­rience com­men­cée dans les bidon­vil­les. Natalia expli­que le pour­quoi de cette fon­da­tion : Rapidement notre fon­da­teur et les pre­miè­res équipes de béné­vo­les se sont ren­dues compte que cer­tai­nes des per­son­nes ren­contrées dans nos quar­tiers et qui deve­naient peu à peu nos amis, avaient besoin d’un accom­pa­gne­ment pri­vi­lé­gié et d’une prise en charge inté­grale.

Dès le départ, l’idée était d’offrir un refuge à des per­son­nes vivant en situa­tion dif­fi­cile et de leur per­met­tre de retrou­ver ainsi la paix à tra­vers une vie simple, fami­liale et fra­ter­nelle, ryth­mée par la prière, le tra­vail, le ser­vice des uns et des autres, et les acti­vi­tés éducatives. Aujourd’hui on y compte dix mai­sons en ciment, une école de mise à niveau, un réfec­toire, une grange et quel­ques ani­maux, un four à pain, un ate­lier d’arti­sa­nat, un pota­ger, trois puits, et une église. Un mini centre cultu­rel devrait bien­tôt être mis en place.

Actuellement, une qua­ran­taine de per­son­nes de tous âges et de toutes condi­tions y sont accueillies : des per­son­nes han­di­ca­pées, des enfants des rues, des per­son­nes âgées, des enfants et des jeunes confiés par le juge des mineurs, ou encore des mères de famil­les en situa­tions de détresse. À la Fazenda, ce qui rend cet endroit excep­tion­nel, sou­li­gne Natalia, c’est la diver­sité cultu­relle qui intro­duit vers un regard plus large de la réa­lité. En effet, grâce au regard émerveillé des volon­tai­res qui se pas­sion­nent pour la richesse cultu­relle de ce pays, les habi­tants de la Fazenda réap­pren­nent à s’émerveiller devant ce qui fait leur propre âme bré­si­lienne, retrou­vent un sens de la beauté, de leur propre beauté. Cette confron­ta­tion à d’autres maniè­res de penser, d’agir, de sentir, est indis­pen­sa­ble à la recher­che de soi-même et à la décou­verte de l’Autre.

La Fazenda est aussi un lieu au ser­vice de la famille, accom­pa­gnant les parents en dif­fi­culté au lieu de les rem­pla­cer. La res­pon­sa­bi­lité de la Fazenda, par­ta­gée entre tous dans tous les aspects de la vie quo­ti­dienne, éduque à un enga­ge­ment réel pour son propre bien et le bien commun. Beaucoup y acquiè­rent ainsi un vrai sens de l’effort, tant pour le tra­vail sco­laire que petit à petit pour une acti­vité "pro­duc­tive".

Recevoir pour pou­voir donner, se sentir aimé pour savoir aimer, aller tout sim­ple­ment à l’essen­tiel de la vie grâce à la pré­sence gra­tuite d’un ami, d’un regard nou­veau posé sur soi, c’est ce que nous laisse le témoi­gnage de Natalia et qui a par­ti­cu­liè­re­ment touché le public. Avec enthou­siasme, elle a su expri­mer l’esprit qui anime les mem­bres de Points-Cœur.


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