• 20 octobre 2010
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La Culture au service de la Paix

Act 2 Cultural Relations and Conflict

« I care, you care, and all we shall over­come » (Je me soucie, tu te sou­cies et tous ensem­ble nous triom­phe­rons). C’est en musi­que et avec ce refrain qu’a débuté la confé­rence “Act2 Cultural Relations and Conflict” orga­ni­sée par le British Council au Musée International de la Croix Rouge et du Croissant Rouge à Genève ce 9 Septembre 2010 et à laquelle Points-Cœur a assisté.

Le British Council, qui tra­vaille à la pro­mo­tion d’une meilleure com­pré­hen­sion des peu­ples afin de créer des rela­tions sta­bles, inau­gure en cette occa­sion le pro­gramme inti­tulé « The Role of Cultural Relations in Adressing Conflict : Re-esta­bli­shing Normality » ( Le rôle des rela­tions cultu­rel­les dans la réso­lu­tion de conflits : réta­blir la nor­ma­lité). L’idée direc­trice de tous les débats fut donc de démon­trer que l’art (quelle que soit sa forme) est un outil pré­cieux pour gérer et résou­dre de graves conflits.

En assis­tant à cette confé­rence, Points-Cœur fut témoin de débats riches et inno­va­teurs animés par des inter­ve­nants de grande qua­lité, des témoi­gna­ges tra­gi­ques mais plein d’espoir de jeunes artis­tes ori­gi­nai­res de zones de conflits (dont Emmanuel Jal, rap­peur et ancien enfant-soldat), de l’expo­si­tion de théo­ries et de cas pra­ti­ques mais sur­tout de très beaux échanges.

Peut-on donc penser que la culture joue un rôle cru­cial dans le dénoue­ment de conflits aussi com­plexes que meur­triers ? Comprendre l’impact que peut avoir l’art et la culture sur l’issue d’un conflit c’est penser à repla­cer l’indi­vidu au centre de toute inte­rac­tion. En effet, il s’agit de trai­ter un conflit grâce à de nou­veaux outils. A une époque où la nature des conflits change, deve­nant le plus sou­vent des conflits au sein d’une même nation et non plus entre états, les solu­tions et moyens doi­vent évoluer. La force mili­taire et la diplo­ma­tie tra­di­tion­nelle n’appor­tent plus de répon­ses. La peur de la dif­fé­rence est bien sou­vent à l’ori­gine de la bataille. Il s’agit donc de com­pren­dre l’impact des dif­fé­ren­ces cultu­rel­les sur un conflit. Très jus­te­ment men­tionné par Els van der Plas du Prince Claus Fund, la culture peut être la cause du conflit et peut donc en être la solu­tion. Afin de com­pren­dre com­ment la culture et les arts per­met­tent la réso­lu­tion d’un conflit, il est essen­tiel de pren­dre en consi­dé­ra­tion cer­tai­nes valeurs chères et fami­liè­res à l’œuvre de Points-Cœur : la cen­tra­lité et la dignité de l’indi­vidu, le dia­lo­gue, l’écoute et la com­pré­hen­sion de l’autre. L’usage des rela­tions cultu­rel­les dans le cadre de ces conflits permet d’établir ou de réta­blir la confiance entre les com­mu­nau­tés et cela en tra­vaillant au main­tien des rela­tions de per­sonne à per­sonne et non de peuple à peuple. La culture et les arts per­met­tent cette com­mu­ni­ca­tion entre indi­vi­dus. En effet, ils créent un espace de liberté dans lequel la dis­cus­sion devient pos­si­ble.

La culture devient donc aujourd’hui un outil non-négli­gea­ble pour ceux qui œuvrent au réta­blis­se­ment de la paix. Dans des contex­tes où l’être humain est sacri­fié au nom d’une idée ou d’une poli­ti­que, l’usage des arts et de la culture per­met­tent de remet­tre l’indi­vidu au centre de toute consi­dé­ra­tion, d’enten­dre sa voix et de trans­met­tre son mes­sage.

Rétablir la nor­ma­lité c’est tout sim­ple­ment réta­blir le contact humain.


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