• 16 août 2012
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Le droit de chacun de jouir du progrès scientifique et d’y contribuer

La Rapporteuse Spéciale sur les droits cultu­rels, Mme Farida Shaheed et le Conseil des Droits de l’Homme se sont pen­chés, cette année, sur le droit dont chacun dis­pose de jouir du pro­grès scien­ti­fi­que et des béné­fi­ces qui en résul­tent. En pré­vi­sion du débat au Conseil, Points-Cœur a assisté, le 20 juin, à une dis­cus­sion de quel­ques experts et ONG avec Mme Shaheed.

Dans son rap­port annuel, la Rapporteuse Spéciale a d’abord relevé le lien étroit qui existe entre le droit de jouir du pro­grès scien­ti­fi­que et les droits cultu­rels. En effet, ils ont tout deux trait à l’acti­vité humaine, à la quête de savoirs afin de per­met­tre à l’huma­nité de s’adap­ter à un monde en per­pé­tuelle muta­tion. Elle estime que si chacun à droit à sa propre créa­ti­vité, il a aussi un droit d’accès à la créa­ti­vité de l’autre. Le contenu nor­ma­tif de ce droit est :

  • L’accès de tous aux avantages que procure la science
  • Le droit de contribuer à l’entreprise scientifique
  • Le droit de participer à la prise de décision qui concerne le progrès scientifique
  • L’instauration d’un environnement propice aux progrès de la recherche scientifique.

La Rapporteuse Spéciale consi­dère que nous devrions songer à la connais­sance comme un bien commun. Elle devrait être uti­li­sée par tous, pour le bien de l’huma­nité.
Mme Shaheed reconnaît que l’appli­ca­tion de ce droit est dif­fi­cile, notam­ment pour ce qui concerne les trans­ferts de tech­no­lo­gies, la ges­tion des droits de pro­priété intel­lec­tuelle et la res­pon­sa­bi­lité du sec­teur privé. Elle ter­mine par une mise en garde contre la pri­va­ti­sa­tion des connais­san­ces dans la mesure où elle empê­che les indi­vi­dus de pren­dre part à la vie cultu­relle et de pro­fi­ter des pro­grès de la science.

Patrice Meyer-Bisch, Coordonateur à l’IIEDH (Institut Interdisciplinaire d’Ethique et des DH) a Fribourg, a entre­pris d’expli­quer le pro­ces­sus d’inclu­sion du scien­ti­fi­que dans le cultu­rel afin de mon­trer en quoi la jouis­sance du pro­grès scien­ti­fi­que est un droit de l’homme.
Un corpus de connais­sance cons­ti­tue un patri­moine et la connais­sance ne consiste pas seu­le­ment à accé­der à un savoir utile mais aussi à cons­truire une iden­tité. Le pro­grès scien­ti­fi­que (scien­ces socia­les, bio­lo­gie, tech­no­lo­gies etc…) est un bien commun direc­te­ment fac­teur de paix dans la mesure où il condi­tionne le droit à l’auto-déter­mi­na­tion des peu­ples. Sciences et cons­cien­ces sont inti­me­ment liés.
La recher­che et le pro­grès scien­ti­fi­ques ne sont pas limi­tés à la sphère de la liberté aca­dé­mi­que mais sont direc­te­ment liés aux droits de l’homme. L’école doit donner aux enfants le goût de la recher­che , tant dans la nature, dans l’espace qui les entoure que dans leur famille.
Le fait de par­ti­ci­per à la vie scien­ti­fi­que d’une com­mu­nauté asso­cie l’indi­vidu à la pensée cri­ti­que, à la connais­sance de son milieu. Au contraire, la non-connais­sance de la culture de l’autre, de son iden­tité conduit à la guerre entre les peu­ples. Par consé­quent, la contri­bu­tion à la connais­sance est vital pour la paix.


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