• 27 janvier 2012
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Le pouvoir des médias sociaux dans la promotion des droits de l’homme

En l’hon­neur de la Journée des Droits de l’Homme du 10 décem­bre, un panel de dis­cus­sion a été orga­nisé au Palais des Nations-Unies autour du thème : « Les médias sociaux et les Droits de l’homme ».

Cet événement a mis à l’hon­neur sept blog­gers et inter­nau­tes, venus des quatre coins du monde, tous mili­tants des droits de l’homme dans leur pays. Points-Cœur s’est rendu à ce panel qui a ras­sem­blé de nom­breu­ses délé­ga­tions d’États et ONG. Mme Navi Pillay, Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, a sou­li­gné com­bien « l’année 2011 a été une année extra­or­di­naire pour les droits de l’homme ! ». Elle déclare :

« Des mil­lions de per­son­nes en Tunisie, en Egypte, en Syrie et ailleurs au Moyen Orient, sont des­cen­dues dans les rues pour reven­di­quer, de manière paci­fi­que, un chan­ge­ment dans la situa­tion de leur pays. Beaucoup de ces per­son­nes ont trouvé leur voix à tra­vers les médias sociaux. Internet s’est révélé comme un outil effi­cace pour infor­mer, ins­pi­rer et mobi­li­ser des par­ti­sans afin d’obte­nir le res­pect de leurs droits fon­da­men­taux. »

Twitter, face­book ou encore YouTube, s’impo­sent comme de nou­veaux concur­rents de taille pour les médias clas­si­ques, qui n’ont plus le mono­pole de l’infor­ma­tion.

Les inter­ve­nants ont tous sou­li­gné la capa­cité extra­or­di­naire des médias sociaux à relayer l’infor­ma­tion et à mobi­li­ser un grand nombre de per­son­nes. Outre cela, comme le dit dit M Wael Abbas, blog­ger et jour­na­liste égyptien,

« Les marges de liberté sur inter­net sont pra­ti­que­ment illi­mi­tés. Ce qui n’est pas le cas dans la vie poli­ti­que, les mani­fes­ta­tions, les jour­naux, la télé­vi­sion, la radio, dans les­quels il y a beau­coup de tabous, de faits qui ne sont jamais rela­tés.  »

Cet homme a créé en 2004 un blog inti­tulé : « Kefaya », ce qui signi­fie « Assez ! ». Il s’agis­sait de mettre en place un mou­ve­ment d’oppo­si­tion au gou­ver­ne­ment du pré­si­dent égyptien Moubarak. Selon M Abbas, une union et une réac­tion du peuple n’aurait jamais été pos­si­ble si rapi­de­ment sans les médias sociaux.

Une autre illus­tra­tion du pou­voir des médias sociaux nous vient d’Afrique de l’Est. Ednah Karamagi, Ougandaise, a par­tagé son expé­rience ori­gi­nale avec des femmes habi­tant des régions rura­les de l’Ouganda :

« En Ouganda, la femme s’occupe de l’éducation des enfants, tra­vaille la terre et doit ensuite remet­tre l’argent gagné à son mari  ».

Par le biais d’une asso­cia­tion, Mme Kamaragi a appris à ces femmes à créer des blogs et à les com­men­ter... Elles ont com­mencé à par­ta­ger leurs connais­san­ces et métho­des en matière d’agri­culture et se sont aidées mutuel­le­ment pour amé­lio­rer leurs condi­tions de vie. La der­nière vic­toire, dont Mme Karamagi nous a fait part, est l’élection d’une femme à un poste poli­ti­que impor­tant au sein de son vil­lage. Celle-ci avait fait cam­pa­gne en uti­li­sant inter­net.

Voici une vidéo de 2011 qui vient célé­brer l’anni­ver­saire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décem­bre 1948 :

Néanmoins, les pané­lis­tes ont aussi rap­pelé les limi­tes des médias sociaux. Dans les pays en voie de déve­lop­pe­ment, l’accès à inter­net est, aujourd’hui encore, très limité voire inexis­tant. Par ailleurs, comme l’énonce Bassam Bouguerra, tuni­sien, inter­net offrant une liberté d’expres­sion quasi illi­mi­tée, ce média peut cons­ti­tuer un ins­tru­ment d’inci­ta­tion à la haine et à la vio­lence. Il rap­pelle par consé­quent l’impor­tance de mettre en place une éducation à l’usage des médias sociaux.


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