• 10 mars 2010
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Les droits de l’Homme en Italie : visite du Haut Commissaire

Navanethan “Navi” Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’Homme s’est rendue en Italie, où se trouve notre Point-Coeur "Don Bosco", les 10 et 11 mars der­niers, pen­dant la ses­sion du Conseil, pour étudier la situa­tion des droits de l’Homme dans le pays. Elle y a ren­contré dif­fé­rents mem­bres du gou­ver­ne­ment, mais a également effec­tué une visite dans un camp Rom. Les condi­tions de vie des rési­dents ont pro­vo­qué son indi­gna­tion, et l’ont pous­sée à inter­pe­ler les auto­ri­tés natio­na­les sur la ques­tion.

Traduction par Points-Coeur du compte-rendu officiel de l’ONU)

Visite d’une haute repré­sen­tante des droits de l’Homme en Italie.

Alors qu’elle se ren­dait pour la pre­mière fois en Italie, les 10 et 11 mars 2010, Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’Homme, s’est dite préoc­cu­pée que les auto­ri­tés ita­lien­nes trai­tent les migrants comme des pro­blè­mes pour la sécu­rité du pays, au lieu de cher­cher des moyens de les inté­grer à la société. Pendant sa visite de deux jours au Comité des droits de l’Homme du Sénat, Mme le Haut Commissaire a ren­contré de hauts fonc­tion­nai­res, tels que les minis­tres des affai­res étrangères, de l’inté­rieur et de la jus­tice, le sous-secré­taire à la pré­si­dence du Conseil des minis­tres, le pré­si­dent de la Chambre des dépu­tés,[…]

Elle s’est expri­mée sur la situa­tion des migrants et des Roms en Italie, sur l’indé­pen­dance de la jus­tice et la liberté des médias ; a pré­co­nisé la cons­ti­tu­tion d’une ins­ti­tu­tion natio­nale des droits de l’Homme , et demandé plus d’effort dans la lutte contre les dis­cours inci­tant à la haine. [ …] Le second jour de sa visite, elle eut l’occa­sion de rece­voir des repré­sen­tants d’ONG natio­na­les et inter­na­tio­na­les, et de visi­ter un camp légal de Rom, à Via Candoni, et un cam­pe­ment sau­vage de Roms à Via Marchetti, ainsi que le Centre d’iden­ti­fi­ca­tion et d’expul­sion de Ponte Galeria.

« Je suis pro­fon­dé­ment cho­quée par les condi­tions de vie dans ces camps », déclara Mme Pillay après sa visite au camp de Via Marchetti, dans la ban­lieue de Rome. « L’espace d’un ins­tant, je me suis crue dans un des plus pau­vres des pays en déve­lop­pe­ment, et non dans une des nations les plus riches du monde », conti­nue-t-elle.

Mme le Haut Commissaire a ren­contré des per­son­nes vivant dans un petit bidon­ville, fait de mor­ceaux de métal, de carton et de bois de mau­vaise qua­lité. Nombre d’entre eux étaient ins­tal­lés en Italie depuis long­temps. Une femme d’ori­gine bos­nienne a invité Mme Pillay à visi­ter sa petite cabane. Elle lui expli­qua qu’elle était en Italie depuis vingt ans, que ses enfants étaient nés en Italie, et que pour­tant elle n’avait tou­jours pas eu de permis de tra­vail, ou de docu­ments d’impo­si­tion qui lui per­met­traient de béné­fi­cier d’aides socia­les pour sa famille.

« Nous n’avons rien. Nous n’avons pas d’eau pour nous laver. Ici, les enfants ne vont pas à l’école, alors qu’on aime­rait y aller. Nous sommes exclus, et on nous appelle « Zingari » (Gitans). On vit comme des rats », raconte un de ses enfants. […]

« J’ai mis l’accent sur les pro­blè­mes rela­tifs aux droits humains fon­da­men­taux, tels que l’accès aux soins, à l’éducation, par­ti­cu­liè­re­ment pour les Roms vivant dans des camps infor­mels ; le recours exces­sif à des mesu­res de répres­sion, comme la sur­veillance poli­cière et les expul­sions for­cées », déclara Mme Pillay lors d’une confé­rence de presse le 11 mars, à Rome. Le Haut Commissaire a également attiré l’atten­tion sur «  le por­trait par­ti­cu­liè­re­ment néga­tif des migrants et des Roms dépeint par cer­tai­nes fran­ges des médias. »[…]

Elle a vive­ment appelé les poli­ti­ciens, médias, et auto­ri­tés ita­liens à, non seu­le­ment éviter d’avoir eux-mêmes recours à ce genre de rhé­to­ri­que, mais de pren­dre publi­que­ment posi­tion quand d’autres se livrent à de tels com­por­te­ments.


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