• 7 février 2011
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« Liberté Religieuse : Chemin vers la Paix »

Le 24 Janvier 2011, Points-Cœur assista au ser­vice inter­re­li­gieux pour la paix orga­nisé par la mis­sion per­ma­nente du Saint-Siège à l’Eglise Saint Nicolas de Flüe.

Cette célé­bra­tion permet aux repré­sen­tants de diver­ses gran­des reli­gions de se réunir autour d’un mes­sage du Pape Benoît XVI, qui cette année était « Liberté Religieuse, Chemin vers la Paix ». Les digni­tai­res boud­dhis­tes, musul­mans, juifs, pro­tes­tants, ortho­doxes et catho­li­ques ont chacun fait part de leur vision sur le thème de la liberté reli­gieuse et ont réaf­firmé la néces­sité de la tolé­rance reli­gieuse afin de cons­truire la paix.

Le Vénérable Dr. Tawalama Dhammika rap­pela les ensei­gne­ments de Bouddha sur ce thème, qui rap­pelle que notre refus d’accep­ter les reli­gions dif­fé­ren­tes nuit à sa propre reli­gion. Nous sommes tous liés en tant qu’indi­vi­dus et nous devons donc consi­dé­rer que notre propre liberté reli­gieuse passe par celle des autres.

Monsieur le Rabbin François Garaï expli­qua que si l’unité n’existe qu’au niveau divin, il nous faut alors accep­ter qu’au niveau humain, la diver­sité est là règle. Bien que par­ta­geant une iden­tité com­mune avec tous les hommes, nous ne pou­vons exiger une simi­li­tude par­faite de l’autre avec nous-même. Nous ne pou­vons reven­di­quer notre liberté reli­gieuse qu’en l’accor­dant à l’autre. Et si l’autre me la refuse, alors il se refuse sa propre liberté et se met en danger.

L’Imam Fabrice Tonnerieux prit ensuite la parole pour rap­pe­ler cer­tains ver­sets du Coran condam­nant la vio­lence uti­li­sée contre d’autres reli­gions et des conver­sions for­cées. Car en effet, tout acte pieux néces­site la sin­cé­rité de l’inten­tion. Le Coran nous rap­pelle par là qu’il n’existe « nulle contrainte en reli­gion ».

Mgr Jérémie, métro­po­lite de Suisse, consi­dère la paix sous deux aspects : la paix de Dieu et des hommes et l’appli­ca­tion de cette paix dans le monde. L’appli­ca­tion de cette paix peut être cons­ta­tée dans les com­man­de­ments du Christ, com­man­de­ments qui doi­vent être reconsi­dé­rés par tous afin de garan­tir à chacun l’appli­ca­tion de cette paix néces­saire à l’équilibre de l’homme.

La pré­si­dente de l’Eglise pro­tes­tante de Genève, Mme Charlotte Kuffer, expli­que que la poli­ti­que sociale com­porte une dimen­sion reli­gieuse qui ne doit pas être igno­rée. Le main­tien de l’har­mo­nie passe par l’absence de tabous et confi­ner le reli­gieux à la sphère privée ne contri­bue pas au gain de paix. Les com­mu­nau­tés reli­gieu­ses atten­dent de pou­voir contri­buer, aux côté des ins­tan­ces poli­ti­ques, au main­tien du lien social en ouvrant le dia­lo­gue reli­gieux dans la sphère publi­que.

Monseigneur Farine, repré­sen­tant de la com­mu­nauté catho­li­que, conclut les inter­ven­tions en rap­pe­lant que c’est notre dignité humaine qui est tou­chée lors­que notre liberté reli­gieuse ne peut se mani­fes­ter. Cette néces­saire liberté reli­gieuse fût valo­ri­sée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, par le concile Vatican II, par le Pape Benoît XVI encore aujourd’hui. Monseigneur Farine expli­qua que c’est lors­que les gran­des tra­di­tions reli­gieu­ses com­bat­tent le fana­tisme qu’elles sont por­teu­ses de vraie civi­li­sa­tion et enri­chis­sent les popu­la­tions. Ce der­nier nous rap­pela aussi l’aver­tis­se­ment du Pape Benoît XVI qui nous signale également les dan­gers du fon­da­men­ta­lisme anti-reli­gieux. C’est d’un dia­lo­gue res­pec­tueux dont nous avons besoin pour ouvrir des che­mins d’huma­nité commun.

A la lumière de ces inter­ven­tions variées mais por­teu­ses d’un même mes­sage, cha­cune rap­pe­lant que l’écoute de l’autre et le dia­lo­gue sont essen­tiels à la conso­li­da­tion de la paix, la célé­bra­tion s’est ache­vée avec la remise de rameaux d’oli­viers aux inter­ve­nants par une cho­rale afri­caine.


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