• 21 janvier 2010
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Passage du Salvador au Comité des droits de l’enfant

Petite Salvadorienne en costume

La 53è ses­sion du Comité des droits de l’enfant s’est tenue du 11 au 29 jan­vier, et la République du El Salvador y fut exa­mi­née le 21 jan­vier. Disposant d’une maison dans ce pays (dans la Colonia Iberia, à San Salvador) accueillant Amis des enfants et enfants du quar­tier, Points-Coeur a évidemment accordé une atten­tion par­ti­cu­lière à cet examen.

Le pays y fut glo­ba­le­ment féli­cité pour ses efforts cer­tains, et sa volonté affi­chée à pro­mou­voir les droits des enfants. Ces propos font écho à la satis­fac­tion expri­mée en novem­bre par le comité contre la tor­ture à propos des efforts de col­la­bo­ra­tion des auto­ri­tés sal­va­do­rien­nes. Cependant, le pays connais­sant un contexte par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile (fin récente d’une vio­lente guerre civile, catas­tro­phes natu­rel­les à répé­ti­tion, pau­vreté…), les défis res­tent tou­jours très nom­breux.

La ques­tion des Maras figure au pre­mier rang de ceux-ci, évoquée à de mul­ti­ples repri­ses, et même pré­sen­tée comme prin­ci­pal obs­ta­cle au « droit à la vie, à la survie et au déve­lop­pe­ment » de l’enfant. Cependant, si l’absence de pro­tec­tion effi­cace des enfants a été rele­vée, c’est sur­tout l’appro­che des auto­ri­tés qui a été cri­ti­quée. L’atti­tude répres­sive tra­di­tion­nel­le­ment adop­tée ne s’atta­que pas aux rai­sons mul­ti­ples de ce phé­no­mène (pau­vreté, désa­gré­ga­tion des famil­les, échec sco­laire…), contrai­re­ment à une appro­che économico-socio-éducative recom­man­dée par le Comité.

Par ailleurs celui-ci a également invité les médias natio­naux à ne pas cons­tam­ment pré­sen­ter les jeunes comme un pro­blème pour la société, contri­buant ainsi à leur stig­ma­ti­sa­tion, mais à adop­ter un dis­cours plus valo­ri­sant pour eux.

Le niveau de vio­lence et son carac­tère géné­ra­lisé envers les enfants sont aussi sour­ces d’une grande préoc­cu­pa­tion. Que ce soit pour les mem­bres des ins­ti­tu­tions (police, orphe­li­nats…) ou des famil­les, il semble néces­saire d’opérer une meilleure sen­si­bi­li­sa­tion au res­pect de l’inté­grité des enfants.

La nou­velle loi sur la pro­tec­tion de l’enfance (LEPINA) a quant à elle été saluée pour les nom­breux pro­grès qu’elle repré­sente et laisse augu­rer, notam­ment quant au res­pect des struc­tu­res fami­lia­les. Une des mesu­res les plus impor­tan­tes est en effet qu’elle garan­tit le droit de l’enfant à vivre dans sa famille (parents, ou pro­ches parents) n’auto­ri­sant à recou­rir à la sépa­ra­tion des famil­les qu’en situa­tions excep­tion­nel­les.

Les dif­fi­cultés demeu­rent donc (dis­pa­ri­tions encore non élucidées, maria­ges et gros­ses­ses pré­co­ces, dis­cri­mi­na­tions des enfants pau­vres, indi­gè­nes…), mais un véri­ta­ble chan­ge­ment ins­ti­tu­tion­nel témoin d’un nou­veau regard sur l’enfant est en route. Le Comité a ainsi vive­ment encou­ragé le pays à pour­sui­vre dans ce sens, et à requé­rir l’aide néces­saire auprès d’orga­nis­mes inter­na­tio­naux, mais aussi des ONG.


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