• 11 février 2012
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Quels critères pour une éducation de qualité ?

soutien scolaire organisé par Points-Coeur à Naples

Le Groupe de Travail (GT) sur le droit à l’éducation s’est réuni en jan­vier 2012. Points-Cœur y a par­ti­cipé avec 10 autres ONG spé­cia­li­sées dans le domaine.

L’objet de cette réu­nion consis­tait en un débat sur les cri­tè­res de qua­lité de l’éducation. Ce débat a été sou­levé par le Conseil de l’Europe qui est en train d’établir de nou­veaux cri­tè­res concer­nant la qua­lité du sys­tème éducatif. Le GT a eu l’hon­neur de rece­voir M. Singh, rap­por­teur spé­cial pour le droit à l’éducation. Cette réu­nion a permis l’accord sur les gran­des lignes d’une décla­ra­tion écrite et orale pour la pro­chaine ses­sion du CDH, en mars 2012.

Qu’est ce qui conditionne aujourd’hui une éducation de qualité ?

Il a tout d’abord été sou­li­gné que l’évaluation de la qua­lité du sys­tème éducatif doit être glo­bale. C’est à dire qu’on ne peut penser la qua­lité de l’éducation sans penser d’abord à la base : le res­pect du droit, de la dignité de l’homme. Dans la qua­lité, on com­prend certes les per­for­man­ces (lire, écrire, comp­ter etc...) mais aussi le res­pect des droits humains. Le sys­tème éducatif ne doit pas seu­le­ment trans­met­tre des connais­san­ces. Il doit aussi trans­met­tre des valeurs. Selon l’arti­cle 13 de la PIDESC [1], "l’éducation doit viser au plein épanouissement de la per­son­na­lité humaine et du sens de sa dignité et ren­for­cer le res­pect des droits de l’homme et des liber­tés fon­da­men­ta­les".

Par ailleurs, la diver­sité cultu­relle est une richesse des pays et doit être promue au sein des sys­tè­mes éducatifs qui pré­ten­dent être de qua­lité. Dans ce sens, la Déclaration sur la diver­sité cultu­relle de l’UNESCO de 2001 affirme que « toute per­sonne a droit à une éducation et une for­ma­tion de qua­lité qui res­pec­tent plei­ne­ment son iden­tité cultu­relle ».

Outre cela, la ques­tion de la qua­lité de l’éducation sou­lève le pro­blème de la sco­la­ri­sa­tion des filles . Celles-ci sont consi­dé­ra­ble­ment dis­cri­mi­nées dans les pays d’Asie du Sud, du Moyen Orient ou encore d’Afrique Australe. Ce qui les expose davan­tage à la pau­vreté, à l’exploi­ta­tion économique et sexuelle et l’équilibre socio-économique des pays en pâtit.

Il a aussi été rap­pelé l’urgente néces­sité de reva­lo­ri­ser l’appren­tis­sage, le savoir-faire manuel. En effet, un sys­tème d’éducation de qua­lité doit pré­pa­rer les jeunes à s’insé­rer uti­le­ment sur le marché du tra­vail. Pour cela, il incombe à l’Etat de mettre en adé­qua­tion l’offre de for­ma­tion aux deman­des de ce marché. C’est pour­quoi l’appren­tis­sage et l’ensei­gne­ment pro­fes­sion­nel doi­vent recou­vrer une cer­taine reconnais­sance au sein de la société.

Enfin, M. Singh et les ONG pré­sen­tes se sont accor­dées sur le fait que la par­ti­ci­pa­tion active des pro­fes­seurs et famil­les à l’éducation de leurs enfants est au cœur de la réus­site sco­laire. Les gou­ver­ne­ments sont encou­ra­gés à créer des ponts entre l’école et les famil­les. Les enfants ont besoin de sentir que leur famille et l’école por­tent un projet commun.


Notes

[1] PIDESC : Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

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