• 10 mars 2010
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Réunion annuelle sur les droits de l’enfant

Affiche de la journée annuelle pour la prévention des abus sexuels envers les enfants

Depuis l’an der­nier, la ses­sion de mars du Conseil des droits de l’Homme consa­cre une jour­née entière de dis­cus­sion sur les droits de l’enfant, appe­lée « annual full day mee­ting on the rights of the child ». Cette jour­née, qui s’est dérou­lée le mer­credi 10 mars, est un rendez-vous incontour­na­ble pour tous les défen­seurs des droits des enfants, et Points-Cœur fai­sait logi­que­ment partie des orga­ni­sa­tions pré­sen­tes. Le thème de cette année était « la lutte contre la vio­lence sexuelle envers les enfants ». C’est Marta Santos Pais, repré­sen­tante spé­ciale du Secrétaire géné­ral sur la vio­lence envers les enfants qui a inau­guré la ses­sion par une pré­sen­ta­tion.

Rappelant les carac­té­ris­ti­ques géné­ra­les bien connues du fléau (pré­sence dans toutes les caté­go­ries socio­cultu­rel­les, et toutes les régions du monde ; consé­quen­ces dévas­ta­tri­ces sur l’enfant…), elle a mis en lumière cer­tai­nes d’entre elles plus méconnues, ou négli­gées. Ainsi, parce qu’elles sont en effet plus nom­breu­ses, les filles sont sou­vent consi­dé­rées comme seules vic­ti­mes de vio­len­ces sexuel­les. Or, nous rap­pelle la repré­sen­tante spé­ciale, un grand nombre de gar­çons, par­fois très jeunes, sont également concer­nés. Il est donc néces­saire de s’inté­res­ser davan­tage à leur situa­tion, et d’amé­lio­rer leur prise en charge, car ils sont sou­vent contraints de taire ce qu’ils ont vécu.

Autre fait mar­quant, le rap­port nous rap­pelle que la vaste majo­rité des cas de vio­lence sexuelle se déroule dans l’entou­rage proche de l’enfant (famille, puis com­mu­nauté). En Colombie, selon un membre de la délé­ga­tion du pays, ce serait ainsi 75% des cas qui auraient lieu dans la maison même où habite l’enfant.

Plusieurs pays ont en effet pris la parole au cours de cette jour­née, tous pour signi­fier leur enga­ge­ment contre ce fléau, de diver­ses maniè­res. Cuba a ainsi appelé à ren­for­cer la soli­da­rité et la coo­pé­ra­tion inter­na­tio­na­les à ce sujet. L’Espagne, au nom de l’Union Européenne, a invité les pays ne l’ayant pas encore fait, à rati­fier tous les pro­to­co­les de la Convention des droits de l’enfant, notam­ment celui contre la por­no­gra­phie infan­tile. Le Soudan, s’expri­mant au nom du Groupe arabe, a détaillé l’enga­ge­ment des pays arabes sur la ques­tion, notam­ment au niveau de la pro­tec­tion de la famille qui leur appa­raît pri­mor­diale. L’Uruguay, quant à lui, repré­sen­tant le GRULAC (Group of Latin America and Caribbean Countries) a néan­moins déploré que de nom­breux PED (pays en déve­lop­pe­ment) n’aient pu par­ti­ci­per à cette jour­née faute de finan­ce­ment de la part des Nations Unies.

Le Saint-Siège a également fait une décla­ra­tion, très atten­due en cette semaine de trou­bles sur la ques­tion pour le clergé de divers pays. Il a exprimé la « condam­na­tion sans ambi­guïté du saint père » pour ces « actes dia­bo­li­ques qui stig­ma­ti­sent les enfants toute leur vie ». Il a sou­li­gné l’enga­ge­ment de l’Eglise à lutter contre ce fléau, jusqu’au sein de ses pro­pres ins­ti­tu­tions, rap­pe­lant qu’aucune excuse ne pou­vait jus­ti­fier de tels actes, et que tout res­pon­sa­ble devait être sus­pendu. Il a également demandé l’aide des experts pré­sents pour former les enfants à mieux reconnaî­tre les mau­vais com­por­te­ments.(lire la décla­ra­tion, anglais uni­que­ment)

Parole fut également donnée à divers experts des Nations Unies (UNICEF, Comité des droits de l’enfant…). Ceux-ci ont attiré l’atten­tion sur de nom­breux points cru­ciaux tels que : accroî­tre la lutte contre l’impu­nité (notam­ment en temps de guerre) ; recher­cher et s’atta­quer aux causes pro­fon­des et mul­ti­ples du phé­no­mène ; mais aussi éduquer les adul­tes enca­drant des enfants (per­son­nel péni­ten­tiaire, ensei­gnants, parents…) ; pri­vi­lé­gier la pré­ven­tion plutôt que la répres­sion, par exem­ple en iden­ti­fiant les enfants « à ris­ques », plus vul­né­ra­bles à cause d’un statut par­ti­cu­lier (orphe­lins, migrants, enfants en déten­tion, vivant dans la rue …), ou encore en lut­tant contre cer­tai­nes pra­ti­ques tra­di­tion­nel­les, ou sim­ple­ment répan­dues, comme les maria­ges pré­co­ces, ou le tou­risme sexuel…

Cependant, ce que nombre d’entre eux ont également invité à consi­dé­rer, ce sont les signes d’espoir en la matière. Diverses d’ini­tia­ti­ves émanant d’enfants et ayant abouti à des résul­tats concrets ont été citées par l’UNICEF. Mme Coomaraswamy, repré­sen­tante spé­ciale pour les enfants et les conflits armés, a pour sa part, rap­pelé l’exem­ple de Grace Akallo, ancienne fille-soldat, vic­time de sévi­ces en Ouganda, deve­nue porte-parole de la cause à tra­vers le monde, après avoir repris de brillan­tes études.


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