• 16 janvier 2009
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Témoignage de Noëmie, volontaire à Bangkok

"Cette pré­sence silen­cieuse, (...) je l’apprends aussi avec notre amie P. N.. C’est une femme de cin­quante-deux ans, n’habi­tant pas très loin de notre quar­tier, le long de la voie ferrée. Elle est extrê­me­ment pauvre et malade. B. et K. l’avaient accom­pa­gnée à l’hôpi­tal à deux repri­ses, puis nous l’avons mise en lien avec une orga­ni­sa­tion du quar­tier qui l’aide finan­ciè­re­ment à se soi­gner. Depuis quel­ques mois, elle s’arrête sou­vent le soir au Point-Cœur, vers 20 h 00, quand la maison est calme. Elle s’assoit sur le tabou­ret à côté de la porte, ne veut pas manger avec nous, veut sim­ple­ment savoir ce que nous avons fait de notre jour­née et nous raconte ses peti­tes his­toi­res. Elle ne reste pas plus de quinze minu­tes. Il y a quel­ques semai­nes, elle confiait à sœur Régine que quand elle se sen­tait triste, le cœur un peu cassé, elle venait à la maison, dis­cu­tait un bout et repar­tait rechar­gée, "sabaaj caj" comme elle dit si bien (expres­sion très cou­ram­ment uti­li­sée pour dire « ça va dans le cœur »). Et pour­tant elle nous parle rare­ment de ses pro­blè­mes, mais le simple fait de sentir notre amitié pour elle l’aide à avan­cer. Amitié qu’elle a besoin de sentir les veilles de ses rendez-vous à l’hôpi­tal. Elle nous appelle sim­ple­ment pour nous dire son pro­chain rendez-vous. Au début, je pen­sais qu’elle vou­lait que nous l’accom­pa­gnions et à chaque fois elle me disait clai­re­ment que non. Elle a juste besoin de nous sentir der­rière elle… de se sentir aimée."

Noémie, Point-Cœur de Bangkok – Thaïlande, 28 septembre 2008

Point-Cœur de Bangkok - THAILANDE


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